Menu

4 juin 2013

Le baby blues se vit aussi en couple

Tout le monde a déjà entendu parler du baby blues, cet état passager que chaque maman traverse à la naissance de son enfant. Il se traduit généralement par de la tristesse, une envie constante de pleurer et des idées noires, et part aussi vite qu'il est venu. S'il l'état dépressif perdure, on parle de dépression post-partum et un suivi psychologique est envisageable.

Pendant la grossesse de Lulu, j'étais bien évidemment prévenue de ce phénomène et je m'y suis préparée. Sûrement pas autant qu'il l'aurait fallu. En effet, les 15 premiers jours avec ma fille ont été les plus durs de ma vie, entre l'allaitement raté, la fatigue de se lever plusieurs fois par nuit, et ne pas arriver à reconnaître les pleurs de faim, de sommeil ou de câlins. J'ai moi-même terminé en pleurs, je traînais en pyjama ou jogging à la maison, à peine coiffée (note pour plus tard: brûler les photos des premiers biberons), je ne m'imaginais vraiment pas que ça serait si dur. Puis j'ai remonté la pente, j'ai pris confiance en moi, je comprenais de mieux en mieux ma fille et nous avons fini par trouver un rythme et une organisation qui convenait à tout le monde.

Piwix, de son côté, m'a épaulée du mieux qu'il a pu. Il était un peu gauche avec Lulu, surtout parce qu'il avait peur d'être trop brutal avec un être si petit. Il me laissait donc faire la plupart des tâches liées au bébé mais me secondait pour tout: remplir et vider la baignoire, apporter les serviettes, jeter les couches sales, etc... Il se nommait lui-même "l'intendant". Deux jours avant la naissance de Lulu, il avait commencé à avoir des maux de ventre. On a pensé à une gastro-entérite mais son état s'est poursuivi. Des jours. Des semaines. Aucun médicament ne le soulageait, il était régulièrement pris pas des crampes d'estomac qui l'immobilisaient complètement. Il est allé voir le médecin qui lui a fait passer tout un tas d'examens, pour rien. Aucun souci visible. Puis ses maux de ventre se sont espacés... pour ne revenir que les jours où nous étions invités chez la famille avec la petite. La cause était sous nos yeux: le stress. Non, mon mari n'a pas pleuré, non mon mari n'a pas eu d'idées noires, mais oui, mon mari a été très affecté par la naissance de sa fille, au fond de ses entrailles, comme pourrait l'être n'importe quelle mère. Oui, mon mari a eu un baby blues.

A la naissance du second, Piwix angoissait beaucoup d'avoir de nouveau ses crampes d'estomac, d'autant plus qu'il devait gérer Lulu en même temps. Finalement, c'est passé sans encombres, sûrement parce qu'il était trop accaparé par la gestion du foyer et qu'il n'avait pas le temps de s'appesantir sur lui-même.
Il en fut de même pour moi. Je n'ai pas pleuré de désespoir en me disant que je ne saurai jamais m'occuper d'un bébé correctement puisque j'en avais déjà eu un. Les premiers jours se sont plutôt bien passés et nous étions comblés par nos deux enfants. L'enfer est venu plus tard.
Entre 2 et 3 mois, la demande de Teemo était incessante. Il ne supportait pas d'être posé quelque part, ni dans le lit, ni dans le transat, ni dans le parc. Il ne tenait pas en place dans l'écharpe et cherchait à s'en échapper. Même chose dans le Manduca (il n'aime d'ailleurs toujours pas être porté). Nous avons acheté une balancelle qui nous a soulagé quelques jours mais la vraie solution fut l'emmaillotage. Un bonheur que de l'enrouler dans sa couverture et le voir s'endormir en 5 minutes! A cette période, je peux dire que nous avons touché le fond. Nous étions tous les deux fatigués par des nuits entrecoupées, par la sollicitation permanente de nos deux enfants, nous agissions en mode automatique submergés par les biberons et les couches. Nous pensions ne jamais sortir de cet enfer et nous en sommes même venus à regretter notre choix: pourquoi en avoir voulu un deuxième? Pourquoi d'âges si rapprochés? Qu'est-ce qui nous était bien passé par la tête en ce jour de novembre 2011 quand j'ai jeté ma plaquette de pilule à la poubelle?
Il nous a fallu plusieurs mois pour sortir de ce cycle infernal. L'organisation que nous avions trouvée en quelques semaines avec un enfant a pris beaucoup plus de temps avec un second. Nous y sommes pourtant parvenus. Nous avons appris à aimer ces moments de partage avec les enfants, nous avons appris à aimer notre famille et à ne plus regretter. Au contraire, le jour où nous avons vu Teemo, 6 mois, jouer et rire avec sa soeur, nous avons compris que nous avions fait le bon choix. Et que nous avions vécu ce baby blues à deux.

L'important à retenir dans cette histoire, c'est que le baby blues n'est pas l'apanage de la maman et que la naissance d'un enfant est une révolution dans le foyer et dans le couple. Je crois qu'on oublie trop souvent le père en lui mettant une pression monstre: à lui d'épauler sa femme et de l'accompagner après son accouchement. Mais qui s'occupe du père? Il est lui aussi bouleversé par l'arrivée de ce petit bout de chou et la plupart des hommes n'y sont pas préparés, c'est loin d'être anodin.

12 commentaires:

tindomerel a dit…

Article super intéressant, merci d'avoir partagé ton expérience!
Moi qui songe à avoir des enfants (bon, dans quelques années, rien ne presse!) je trouve dans ton blog une source très intéressante de témoignages! J'espère que ça pourra m'aider à être mieux préparée pour ce grand chamboulement :)

Cleophis Deeptizz a dit…

Merci pour ton message, ça me fait très plaisir. :)

PetitDiable a dit…

Attention, le baby blues n'est absolument pas une fatalité non plus, toutes les mamans ne le traversent pas...

Cleophis Deeptizz a dit…

Peut-être, elles sont chanceuses. Mais je pense qu'on le traverse plus ou moins, même si ce n'est que 2 ou 3 jours. Je ne connais aucune maman qui n'a pas eu un moment de détresse les premières semaines.

Amélie Epicétout a dit…

Vous avez été quand même bien courageux et c'est vrai que le recul sur le baby blues vient beaucoup plus tard. c'est bien d'avoir fait cette petite mise au point, ça aide à y voir plus claire et à apprécier le présent.

La vie en Tisanie a dit…

perso, mon baby blues n'est pas apparu au bout de 2-3 jours, comme on le dit souvent, mais après plusieurs semaines, quand Broutille était tellement demandeuse et que je n'arrivais pas à la poser...oui, avoir un nouveau né est très dur...et c'est fou comme on oublie tout ça rapidement!

Cleophis Deeptizz a dit…

C'est surtout qu'il faut avoir sorti la tête de l'eau pour voir à quelle profondeur on était descendu ^^

Cleophis Deeptizz a dit…

Comme nous pour Teemo, le 2ème et le 3ème mois furent fatals.

Ragnagna a dit…

J'aime beaucoup ton article et sa conclusion. Souvent les hommes sont oubliés effectivement car ils ne sont pas les acheteurs donc pas intéressant financièrement de s'intéresser à eux ^^
Ce qui est bien aussi c'est que vous ayez tenu tous les deux face aux difficultés, j'espère que quand le temps viendra pour nous, nous saurons faire pareil :)

Cleophis Deeptizz a dit…

Je n'en doute pas :) C'est pour ça qu'il est très important que le désir d'enfant vienne des deux côtés, pour éviter les réflexions du genre: "C'est toi qui l'a voulu, tu assumes!" Ca doit être très difficile à entendre.

Choub Zze a dit…

Merci pour ton témoignage que je viens de lire dans le blog de GB's.
J'ai adoré.
Nous avons vécu le babyblues du papa pour notre aînée et je suis actuellement enceinte de notre 2ème. J'ai très peur et j'ai eu envie de pleurer en te lisant tellement je me suis prise à ta détresse du moment et à ton bonheur aujourd'hui.
Si j'ai un souci je viendrai te voir LOL
J'avoue avoir très peur de ne pas savoir m'occuper correctement des 2 bébés car rapprochés et j'ai peur de laisser un sentiment d'abandon à mon aîné.

En tout cas, pour la BB du papa, je remercie ma sage-femme qui nous avait parfaitement dirigé et aidé à l'époque.

Bises

Juliette de conboudu.over-blog.com

Cleophis Deeptizz a dit…

Bienvenue sur le blog!
Le principal est de bien garder en tête que ça s'arrange!! Tenez le cap, soutenez-vous, c'est très important. Si la même sage-femme peut vous aider, ça serait super. Je suis sûre que vous ferez de très bons parents. Combien d'écart auront vos enfants?