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6 mars 2015

Parfums de revanche (première partie) de Didier Girard

Résumé: En quelques jours, trois accidents mortels se produisent à Littlebridge. Trois femmes décèdent brutalement aux commandes de leur véhicule. A quelques mois d'une retraite bien méritée, Adam Clark, le vénérable inspecteur du district nord se voit refiler l'enquête, avec en prime une stagiaire à qui il va falloir apprendre le métier.
Entre les premières pistes de l'enquête qui laissent planer un parfum particulièrement troublant et cette jeune recrue qui semble débarquée de nulle part, le flair du vieux flic solitaire sera mis à rude épreuve...

Didier Girard aime écrire et s'adonne à sa passion en amateur depuis des années. Des alexandrins d'abord, puis des nouvelles, et enfin le roman avec Parfums de revanche avec lequel il a été finaliste du prix 2014 "Nos lecteurs ont du talent" organisé par les éditions Chemin Vert. Et il le mérite amplement.

Nous faisons la connaissance d'Adam Clark, inspecteur à Littlebridge, un homme plutôt bourru de prime abord qui se révèle par la suite très professionnel et sympathique, alors qu'il est le tuteur de Clara Couples, une jeune recrue. L'histoire se déroule dans un monde futuriste: aucune date n'est donnée mais la technologie est omniprésente. Ainsi, on peut laisser notre voiture nous conduire au boulot pendant qu'on jette un dernier coup d'oeil sur les dossiers en cours!

Dans cet univers un peu particulier, trois accidents de la route troublants retiennent l'attention des policiers. L'enquête est très bien menée et cohérente du début à la fin. Chaque indice nous permet d'élaborer des hypothèses en même temps que nos deux enquêteurs et nous cheminons à leur côté, ce qui les rend d'autant plus attachants.

Didier Girard manie très bien le suspense et je ne me suis pas ennuyée un seul instant. Si le roman se suffit à lui-même, quelques petits détails sont distillés ici et là jusqu'à la surprise finale et c'est là qu'on regrette qu'il ne s'agisse que d'une première partie. La suite, vite!!!

Parfums de revanche (première partie) de Didier Girard, éditions Chemin Vert.

Et comme Didier Girard est un auteur très sympathique, il a accepté de répondre à quelques unes de mes questions:

1. Vous vous êtes essayé à plusieurs types d'écritures avant le roman policier, pourquoi avoir choisi ce dernier pour sortir de l'ombre?

Il y a quelques années, je m'étais déjà essayé aux écrits longs et Trois noyaux d'abricots avait surgi de mon imagination. Ce roman était davantage une comédie dramatique, dans un registre plutôt romantique. Ma naïveté m'avait même poussé à concourir pour recueillir la gloire, en vain bien sûr! Seule consolation au-delà des commentaires de mes proches plutôt encourageants (mais pas forcément objectifs ): avoir réalisé que j'étais capable désormais de produire une vraie histoire avec un début et une fin, avec au milieu plein de petits bouts d'histoire qui mis bout à bout emmenaient le lecteur là où j'avais voulu l'emmener. Magnifique découverte que celle de percevoir le pouvoir de celui qui écrit sur celui qui le lit, au point que sa propre écriture pouvait générer de l'émotion pour soi et pour les autres.
Parallèlement, j'ai toujours été un grand fan des romans et des films policiers. Cet environnement complexe est pour moi un espace tellement riche et varié que j'ai toujours eu envie d'y mettre les pieds pour y poser ma plume. Univers truffé de codes et de clichés, passionné d'images, j'ai été et suis encore fasciné par l'imagination des auteurs, véritables manipulateurs qui rivalisent d'ingéniosité pour nous embarquer dans leurs histoires. Mélange de surprises, d'émotions, de retournements, le lecteur est sans arrêt chahuté... et ça, j'adore.
Alors, j'ai voulu dernièrement me frotter à cet exercice d'écriture et me suis vite aperçu de sa complexité. Mon côté méthodique m'a beaucoup incité à détricoter les intrigues de nombres de polars et à reconstruire le plan d'attaque de l'auteur, au point qu'un jour, je me suis pris au jeu. Des post-it partout sur le mur de mon bureau, j'en rêvais. Alors, je l'ai fait. Et Parfums de revanche est né. Même s'il ne prétend pas s'afficher comme le polar de l'année, je peux dire que je suis tout de même fier d'être allé au bout de cette première aventure littéraire.

2. Parfums de revanche se déroule dans un monde futuriste. Considérez-vous que c'est notre avenir plus ou moins proche ou plutôt un monde parallèle?

Parfums de revanche se déroule effectivement « dans quelques années », quelque part sur Terre. Je suis intimement convaincu que ce monde futuriste que j'ai dépeint par petites touches ici et là dans mon roman sera demain le quotidien des hommes– en tous les cas, certainement et malheureusement le quotidien des usagers des seuls pays riches.
L'explosion des progrès en robotique n'a pas fini de nous surprendre en terme de potentiel. Dans l'histoire, et à fortiori dans la préhistoire, à part quelques grandes exceptions relativement récentes, l'homme dans son temps a rarement été en mesure d'imaginer avec précision la vie de ses descendants un siècle plus tard. En 1900, qui aurait imaginé la vie quotidienne des hommes en l'an 2000 ? Bien sûr, quelques visionnaires utopiques avaient gribouillé leur calepin de machines et d'engins révolutionnaires qui bien plus tard ont pu voir le jour grâce aux avancées technologiques. Sommes-nous capables de l'imaginer en 2115 ? Aujourd'hui encore plus qu'hier, toutes les pistes sont permises. Parfums de revanche en propose une photographie avec son propre point de vue.
Ce sera le moment venu que nos successeurs vérifieront – si Parfums de revanche n'est pas tombé dans les oubliettes avant - la véracité des propositions futuristes qui l'environnent...

3. Les révélations de Parfums de revanche donnent vraiment envie de lire la suite, où en êtes-vous de votre écriture? Combien de parties avez-vous prévu?

Il y a presque deux ans, au hasard d'une de mes lectures, j'ai trouvé très séduisant le concept de voiture autonome qui émergeait dans les médias. Et l'idée de véhicules qui pourraient un jour se connecter les uns aux autres pour prendre en charge automatiquement les kilomètres à parcourir m'a traversé l'esprit. J'en ai été totalement séduit. Elle a mûri tranquillement jusqu'à ce que j'ai envie d'écrire quelque chose qui en ferait référence.
Cela a été le catalyseur. Le contexte a été déterminé, l'intrigue bien sûr, la caractérisation des personnages principaux et secondaires qui a suivi... Bref, les morceaux du puzzle géant que je me proposais de construire se sont mis gentiment en place.
Vous dites et j'en suis très flatté, avoir envie de lire la suite.
Je vous rassure, l'histoire de Parfums de revanche ne se termine pas à la fin de cette première partie. Dans le premier opus que vous avez lu, j'ai semé ici et là quelques grains de sables qui « théoriquement » devraient vous gratter aux entournures... Effectivement, le vieux Clark n'en aura pas fini de cette sale histoire liée à Humeur Corporation et nombre de rebondissements attendent encore le lecteur, pour une fin, du moins je l'espère, tout aussi surprenante. Tout est dans ma tête (ou presque tout...)
Et comme pour la première partie, j'ai commencé par consigner quelques répliques, quelques passages-clé, la chute est quasiment rédigée, le début ne me convient toujours pas...
La seconde et dernière partie de Parfums de revanche est donc toujours dans sa phase de gestation.
Pour finir, voici un petit cadeau, histoire de titiller vos neurones : La première partie de mon roman était sous-titrée : « L'homme qui ne pouvait pas sentir les femmes ». Je vous livre en prime le nom du dernier opus qui fera bien sûr écho à celui du premier : « La femme qui ne pouvait pas sentir les hommes ».
Allez, faites travailler vos méninges et tentez d'imaginer cette suite...
Je ne sais si Chemin Vert Édition accueillera favorablement la deuxième partie de mon roman, nous verrons bien dans quelques temps...

4. Que vous a apporté votre place de finaliste au concours "Nos lecteurs ont du talent" des éditions Chemin Vert?

Du point de vue de mon égo, c'est sûr, je me suis senti un peu plus grand. Beaucoup de celles et ceux qui m'ont lu, m'ont dit y avoir trouvé un réel plaisir de lecture. Rien que ça, ça m'a fait un immense plaisir. Le fait de me retrouver parmi les auteurs sélectionnés m'a évidemment séduit. Un petite anecdote à ce sujet : Avant de participer à ce concours, je l'avais fait lire à mes proches. Vous n'imaginez pas l'émotion que je ressentais quand, silencieux au creux de mon canapé, j'identifiais un amusement ou à l'inverse une inquiétude sur le visage d'un de mes lecteurs. Moi qui connaît presque par cœur chaque passage, chaque dialogue, je savais exactement où il en était dans l'avancée du récit, le suivais scrupuleusement du regard et en appréciait avec délice chacune des réactions.
Mais passée cette euphorie qui m'a engagé à créer un clip de promotion, à actualiser mon compte Facebook pour rechercher les fameux amis bienfaiteurs qui pourraient diffuser l'information, à propager la belle nouvelle à ce cercle élargi, la réalité a repris le dessus. La lecture de roman en version numérique sur une tablette ne fait pas l'adhésion de tous, il faut bien l'admettre. Notre société matérialiste reste ancrée sur ses habitudes et n'est pas encore prête pour franchir le pas. Question de temps, probablement.
Qui disait que « Tout vient à point à qui sait attendre » ? ...

Livre offert.

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