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17 nov. 2017

Libérées, le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale de Titiou Lecoq

Quatrième de couverture: "Un jour, je me suis demandé: pourquoi est-ce moi qui ramasse les affaires qui traînent? Je n'ai trouvé qu'une seule réponse. Parce que je suis une femme qui vit avec un homme et deux enfants et que, conséquemment, les corvées, c'est pour ma gueule.
Etre une femme, ce n'est pas seulement l'idéal de minceur et de cheveux qui brillent, c'est le souci permanent des autres et du foyer, c'est être sans cesse ramenée à la saleté, aux taches, à la morve. L'égalité serait déjà là, mais les femmes conservent la conviction intérieure qu'elles doivent s'occuper de tout et de tout le monde, et d'elles en dernier, s'il reste cinq minutes à la fin de leur triple journée.
Cette féminisation de la sphère privée implique une autre conséquence: l'espace public est toujours masculin. Peut-on se dire égaux quand la moitié de la population adapte ses vêtements en fonction des transports et fait attention à ne pas être seule la nuit dans la rue? Et si le combat féministe devait encore et toujours se jouer dans la vie quotidienne de chacune et chacun, chez soi, dans sa propre maison, devant le panier de linge sale?"

Aujourd'hui nous allons traiter d'un sujet qui me tient à coeur et pas des moindres: le féminisme. J'ai compris assez tôt que ma condition de femme ne m'octroyait pas les mêmes privilèges que les hommes et je me suis aussitôt révoltée. Avec des niveaux de conscience plus ou moins aigus avec le temps.

C'est pourquoi je suis avec ferveur l'actualité féministe et que j'ai applaudi des deux mains lorsqu'Opalyne a mis en place le projet Feminibooks: présenter des lectures féministes. Réservée au départ aux booktubers, Opalyne a proposé aux blogueurs de participer à cette session et c'est avec un grand plaisir que j'ai réservé ma place. Hier, Pauline de Mangeons les livres a présenté une BD intitulée En chemin elle rencontre... Les artistes se mobilisent contre la violence faite aux femmes, aujourd'hui je vais vous parler du dernier livre de Titiou Lecoq.

Cela fait plusieurs années maintenant que je suis Titiou, d'abord sur son blog, puis sur son compte Twitter et enfin par le biais de ses newsletters chez Slate. J'adore son ton si naturel et drôle, cette façon qu'elle a de traiter l'actualité, même la plus forte et la plus touchante, en nous la racontant comme si nous étions à discuter autour d'un café. J'étais plus qu'heureuse en apprenant qu'elle publiait un livre sur le féminisme aux éditions Fayard au mois d'octobre 2017. Il était chez moi le jour de la sortie...

Libérées, le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale commence avec un constat très simple: la chaussette qui traîne par terre. L'autrice est chez elle quand elle se retrouve face à cette anomalie et une foule de question lui vient à l'esprit:
  • Pourquoi le fait de voir cette chaussette par terre m'énerve alors que l'homme qui partage ma vie peut passer à côté sans la voir ? 
  • Dois-je la ramasser sans rien dire ? Ou au contraire faire un scandale parce qu'il laisse traîner ses affaires? Quelles seraient les conséquences dans l'un ou l'autre cas ?
A partir de ce constat, Titiou Lecoq va remonter dans l'Histoire et étudier de quelle manière la femme en est venue à devenir la maîtresse du foyer. Car ne nous y trompons pas, la femme n'a pas toujours été déléguée aux tâches ménagères, bien au contraire. Il y a eu des femmes guerrières, des femmes paysannes, des femmes pirates, des sociétés matriarcales, qui ne se posaient pas la question d'une hiérarchie entre les sexes. 

Elle nous montre comment les hommes ont poussé les femmes dans leurs intérieurs et comment les femmes elles-mêmes se créent des impératifs qui n'ont pas lieu d'être. Quelle femme n'a jamais rêvé d'avoir le même salon impeccable que certaines se plaisent à publier sur Instagram: murs et canapés blancs, bacs de rangement où aucun Lego ne dépasse, lumière sublime, pas une trace de doigt ou de poussière. Ceci n'est qu'illusion marketing.

En poussant plus loin ses réflexions, l'autrice se penche sur la mauvaise répartition des tâches ménagères dans les couples avec enfants, toujours d'actualité en 2017, et quelles pourraient être les solutions pour éduquer à la fois nos enfants et vivre en harmonie au sein de la famille. Elle s'interroge également sur le partage de l'espace public en évoquant le harcèlement de rue.

Si Titiou Lecoq parle sur le ton de la connivence et avec un langage familier, toutes ses assertions sont documentées et référencées, et témoignent d'un long travail effectué en amont. Il ne s'agit pas des élucubrations d'une féminazie en manque d'attention. 

Personnellement, le livre m'a fait pas mal réfléchir sur ma situation de femme mariée, de mère de famille et de femme tout simplement. Si je connaissais beaucoup de choses, d'autres ont été comme des révélations et je pense qu'on a vraiment toutes et tous à y gagner de repenser notre façon de fonctionner. Après tout, la cellule familiale est une petite communauté et il est important que chacun ait une place qui lui convient et pas conditionnée par son genre.

Je vous invite à aller voir la vidéo du jour sur la chaîne de Cordelia qui présente Adolescences lesbiennes, de l'invisibilité à la reconnaissance de Christelle Lebreton.

Demain, Zélia de La pluie et la rosée présentera Les stances à Sophie de Christiane Rochefort.

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