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12 juil. 2017

La servante écarlate de Margaret Atwood: percutant


Résumé: Dans un futur peut-être proche, dans des lieux qui semblent familiers, l'Ordre a été restauré. L'Etat, avec le soutien de sa milice d'Anges noirs, applique à la lettre les préceptes d'un évangile revisité. Dans cette société régie par l'oppression, sous couvert de protéger les femmes, la maternité est réservée à la caste des Servantes, tout de rouge vêtues.
L'une d'elle raconte son quotidien de douleur, d'angoisse et de soumission. Son seul refuge, ce sont les souvenirs, d'un temps où elle était libre, où elle avait encore un nom.
Une oeuvre d'une grande force, qui se fait tour à tour pamphlet contre les fanatismes, apologie des droits de la femme et éloge du bonheur.

Si vous suivez l'actualité littéraire, vous avez sûrement entendu parler du grand retour du roman de Margaret Atwood, La servante écarlate. En effet, le livre a été publié en 1985 et est resté dans l'ombre jusqu'en 2017, à la sortie de la série dérivée The Handmaid's Tale dont la saison 1 vient de se terminer. Je n'ai pas vu cette dernière et comme souvent, j'ai préféré lire le roman avant de voir son adaptation télévisuelle.

Dans ce roman, les femmes vivent sous le joug des hommes. Elles appartiennent à 4 classes régies par une couleur: les Epouses en bleu, les Marthas en vert, les Servantes en rouge, et en gris toutes celles qui sont honnies par la société. Je ne dirai pas en quoi consiste chaque caste car je ne le savais pas moi-même à l'ouverture du livre et on le découvre au fur et à mesure avec étonnement... et sidération.

La narration est à la première personne du singulier: c'est Defred, la Servante de la famille Waterford, qui raconte sa propre histoire. Au milieu de la transcription de son quotidien, Defred se rappelle son passé et la société telle qu'elle était avant que l'Ordre ne prenne le pouvoir. Certaines éditions du livre ajoutent un bandeau titré "Le livre qui fait trembler l'Amérique de Trump" parce que la société dans laquelle a grandi Defred est très similaire à la nôtre et que l'arrivée au pouvoir d'une personne comme Donald Trump, qui n'essaye même pas de cacher son racisme, sa mysoginie ou son homophobie, pourrait bien mener à une société inhumaine comme la décrit la jeune femme.

Le roman est profondément féministe et engagé, ce qui explique sûrement pourquoi il est autant plébiscité aujourd'hui. Nous ouvrons de plus en plus les yeux sur la condition féminine dans le monde et sur le sexisme quotidien qui peut devenir très contraignant. Il faut parfois pousser la caricature à l'extrême pour espérer passer un message et c'est tout l'intérêt de La servante écarlate.

A la manière de 1984 de George Orwell, Margaret Artwood nous dépeint une société sclérosée et malsaine pour que nous prenions conscience de l'absurdité de certains comportements actuels. Une lecture percutante qui pousse à la réflexion.

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