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29 juin 2016

Les Mortes-Eaux d'Andrew Michael Hurley

Les Mortes-Eaux d'Andrew Michael Hurley, traduit de l'anglais par Santiago Artozqui, publié aux Editions Denoël en mai 2016.

Synopsis: Angleterre, années soixante-dix. Comme tous les ans au moment des vacances de Pâques, la famille Smith part en pélerinage avec quelques membres de sa paroisse. Ils se rendent dans une vieille bâtisse sinistre en bord de mer, sous la houlette d'un prêtre, le père Wilfred. Les Smith, des gens très pieux, espèrent en venant là obtenir la guérison de leur aîné, Andrew, déficient mental. Andrew, lui, part explorer les environs du sanctuaire avec son jeune frère. Au cours de leurs escapades, ils font la connaissance des villageois, qui ne cachent pas leur hostilité à l'égard des pélerins et semblent se livrer à d'obscures activités nocturnes, sortes de rites païens censés guérir les malades.
Andrew Michael Hurley dresse une galerie de portraits tous aussi étranges et effrayants les uns que les autres, mélangeant de sinistres autochtones et des pèlerins aussi perturbés que perturbants, et signe ici un roman obsédant et ambigu.

J'ai reçu ce livre dans le cadre de mon partenariat avec les éditions Denoël et j'étais vraiment très enthousiaste par la citation de Stephen King, bien mise en avant sur la couverture. Il me promettait en effet un roman incroyable. Malheureusement, j'ai rencontré un roman bien ennuyeux.

Le récit est écrit à la première personne, à travers les yeux de Tonto (tout du moins la façon dont on l'appelle, je doute qu'il s'agisse de son vrai prénom), un jeune garçon qui raconte l'un des pèlerinages familiaux en bord de mer. Le pèlerinage vise surtout la guérison de son frère Andrew (ou Hanny) qui ne parle pas et semble un peu simplet. Il est le seul à le comprendre vraiment et cela crée dès le départ une connivence entre les deux enfants.

Il devient ainsi un témoin privilégié, car on sait comme les enfants entendent tout et observent énormément les adultes, et on va les regarder évoluer pendant ces quelques jours de communion et de recherche spirituelle. D'un point de vue documentaire, c'est assez intéressant de voir les rituels qui peuvent être pratiqués en cette période de Pâques, je ne savais pas que les pèlerinages pouvaient être aussi complets. Momon (sûrement une variation de Maman), la mère des deux garçons, est très stricte et très pieuse et fera tout son possible pour que la grâce de Dieu vienne sur son petit garçon, c'est assez particulier.

En parallèle des pèlerins, Tonto rencontre les habitants du coin qui sont plutôt sinistres et inquiétants. On comprend à demi-mot qu'ils ne sont plus du tout croyants et qu'ils ont sombré dans les rites païens. Les deux mondes s'affrontent donc mais sans jamais faire d'étincelles et c'est ce que j'ai regretté au fond.

En effet, j'ai trouvé le récit vraiment très mou et par la force des choses très long. Honnêtement, il ne se passe rien pendant 300 pages (sur 382), on se contente d'apprendre à connaître les personnages et le décor. Puis un élément surprenant fait son apparition (on ne l'attendait plus...) pour retomber comme feu de paille. J'ai vraiment lutté pour aller jusqu'au bout, en me disant que si Stephen King l'avait trouvé génial c'est qu'il devait y avoir un twist démentiel à la fin. Et bien même pas... La fin est ouverte, rien n'est véritablement tranché et c'est horriblement frustrant.

A bien y réfléchir, il y a de bons éléments dans ce roman. Les personnages sont tous intéressants, on entre assez bien dans leur psychologie et certains sont vraiment étudiés à la loupe, comme Momon ou le père Bernard. Mais tout reste bien trop superficiel et je n'ai jamais ressenti de véritable attachement aux personnages. Je n'ai pas vibré avec eux, j'étais vraiment trop spectatrice. Dommage.

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