Menu

18 févr. 2015

La bibliothèque des coeurs cabossés de Katarina Bivald

Résumé: Tout commence par les lettres que s’envoient deux femmes très différentes : Sara Lindqvist, vingt-huit ans, petit rat de bibliothèque mal dans sa peau, vivant à Haninge en Suède, et Amy Harris, soixante-cinq ans, vieille dame cultivée et solitaire, de Broken Wheel, dans l'Iowa. Après deux ans d’échanges et de conseils à la fois sur la littérature et sur la vie, Sara décide de rendre visite à Amy. Mais, quand elle arrive là-bas, elle apprend avec stupeur qu’Amy est morte. Elle se retrouve seule et perdue dans cette étrange petite ville américaine.
Pour la première fois de sa vie, Sara se fait de vrais amis – et pas uniquement les personnages de ses romans préférés –, qui l'aident à monter une librairie avec tous les livres qu’Amy affectionnait tant. Ce sera pour Sara, et pour les habitants attachants et loufoques de Broken Wheel, une véritable renaissance.
Et lorsque son visa de trois mois expire, ses nouveaux amis ont une idée géniale et complètement folle pour la faire rester à Broken Wheel…

Le premier roman de Katarina Bivald fait parler de lui dans le monde de la littérature et c'est avec beaucoup d'enthousiasme que je me suis plongée dans cette lecture. Malheureusement, il ne fut pas aussi bon que ce que j'attendais.

Il s'agit indéniablement d'une ode à la littérature et c'est le bon point du roman. Sara, une jeune fille de vingt-huit ans, est une passionnée de livres et elle vit à travers les personnages de ses romans. Elle les évoque longuement avec les habitants de Broken Wheel et prend plaisir à les classer et les décrire. Selon elle, il existe un livre pour tout le monde, sans exception, et elle se fait un devoir de le trouver. On y retrouve toute la littérature classique et contemporaine de Jane Austen à Stieg Larsson et certains clins d'oeil sont vraiment très drôles.

Seulement, c'est le seul positif que j'ai retenu du livre car tout le reste est extrêmement plat.

Je ne me suis jamais vraiment attachée au personnage de Sara que je trouve bien trop effacée. C'est une jeune suédoise qui quitte son pays pour aller s'enterrer dans une ville déserte de l'Iowa. Pourquoi? Même si sa vie était insipide en Suède, il y a quand même ses parents et ses frères et soeurs, des personnages qu'on entrevoit très succinctement et qui ne semblent pas la toucher particulièrement. Que l'on soit solitaire, c'est une chose, mais dans le cas présent, j'avais presque l'impression que Sara fuyait quelque chose. Si vous escomptiez en apprendre un peu plus sur la Suède, c'est loupé...
De même, la jeune fille ne vit que pour et par les livres. J'aime lire mais je n'en oublie pas pour autant l'extérieur et la vie quotidienne. Dans un passage, Katarina Bivald nous montre Sara qui lit sans quasiment lever le nez de son livre pendant... cinq heures et vingt-sept minutes. Quand même... Ce qui en fait un personnage assez mou et insignifiant, qui se laisse porter par les événements sans chercher à comprendre ou à agir.

Et c'est le cas d'une bonne partie des habitants de Broken Wheel. Autant j'ai été touchée par Georges ou Caroline, autant les autres m'ont paru vides. Sans parler de John, le grand amour d'Amy, qui pourrait nous en apprendre tellement sur cette femme que Sara n'a pu connaître que dans ses lettres et qui... ne décroche pas un mot pendant 400 pages.

Un sentiment vraiment mitigé au final. Un livre pour les amoureux de la littérature sans aucun doute possible mais qui présente des personnages bien trop lisses et une histoire bien trop longue.

Extrait:
Tandis que les autres élèves se partageaient entre persécuteurs et têtes de Turcs, gravaient des symboles absurdes sur des tables ou dessinaient des gribouillis sur les casiers les uns des autres, elle expérimentait de formidables passions, des disparitions, des élans de gaieté, des pays étrangers et des époques révolues. D'autres étaient peut-être coincés dans un lycée gris de Haninge, mais elle, elle avait été une geisha au Japon, avait erré en compagnie de la dernière impératrice de Chine dans l'atmosphère oppressante de la Cité interdite, avait grandi avec Anne et les autres dans la maison aux pignons verts, connu son lot de meurtres, aimé et perdu des êtres chers avec les classiques.

La bibliothèque des coeurs cabossés de Katarina Bivald, traduit du suédois par Carine Bruy, éditions Denoël, paru le 15 janvier 2015.

Livre offert

8 commentaires:

Laura Aimerlesdimanches a dit…

Rien à rajouter (je me demande d'ailleurs encore comment je vais réussir à pondre un billet ^^) : je me suis ennuyée tout du long, complètement dépitée face aux nombreux clichés de la grosse lectrice. Et Sara ? Des baffes, c'est tout ce que j'avais envie de lui donner ! ;D

Léa TouchBook a dit…

J'ai beaucoup aimé cette lecture :)

Julia a dit…

Je m'en doutais, mais je partage ton avis en tous points !!

Cleophis Deeptizz a dit…

Heureusement! Il en faut pour tous les goûts. :)

Cleophis Deeptizz a dit…

Je suis curieuse de lire ta chronique. ;-)

Piplo a dit…

J'ai pensé que j'aurai du mal à accrocher à cause du caractère insipide du personnage de Sarah et puis non, j'ai aimé la façon dont son regard sur elle change. J'ai trouvé les personnages loin d'être vides car ils s'accrochent à ce qu'ils peuvent pour tenir dans ce village qui se meurt. Le travail pour certains, les habitudes pour beaucoup, l'image qu'ils donnent pour les autres. Et finalement un vent de changement va faire bouger tout le monde. Je te comprends un peu car j'ai été surprise de me laisser prendre, mais ça c'est fait dans mon cas et je me suis laissée emporter!!!

mowgouaille Mollé a dit…

Et bien moi j'ai adoré!!! Mais sans doute parce que je me suis justement reconnu dans le perdsonnage de Sara: l'envie de tout plaqué, capable de le faire (d'ailleurs je l'ai déjà fait) pour rencontrer une inconnue, et puis l'idée de partager son amour de livres parce que c'est son langage. Moi, je suis fan.... Mais je pense en effet qu'il faut variment s'identifier à ce personnage ou à celui d'Amy pour aimer ce livre

Cleophis Deeptizz a dit…

Partir à l'étranger et partager son amour des livres, c'est bien, mais de là à vivre complètement enfermée et à ne pas regarder au-dessus de son livre pendant 5h, j'ai trouvé le trait exagéré.