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4 nov. 2014

Le nombril d'Elisabeth Cadoche


Synopsis: Je suis un monstre : je suis né sans nombril. J’ai été abandonné sur les marches de l’église de Corneville et c’est ma «mère» qui m’a trouvé. Cette grenouille de bénitier se rendait à sa prière matinale qui tenait en six mots : «Seigneur, faites que je sois enceinte». Son vœu a été exaucé au-delà de ses espérances. Le bébé était déjà tout fait et sans défaut apparent, un signe du ciel. Elle m’a ramené à la maison, a dit à mon père : «c’est un don de Dieu, je t’interdis d’en parler à quiconque, il s’appellera Adam et nous l’élèverons comme notre propre enfant.»
Voici l’histoire d’Adam, qui part à la recherche de son histoire et de son identité... Superman tombé d’une autre planète ou nouveau-né adopté par un couple ordinaire, Adam remonte le fil de ses origines, tombe amoureux et se pose mille questions, guidé par des rêves prémonitoires dans lesquels il croise son grand-père, entouré d’un banc de sardines qui chantent à tue-tête.

Après des albums pour enfants et des séries documentaires pour la télévision, Elisabeth Cadoche signe ici son premier roman avec un sujet pour le moins original: un homme sans nombril.
Ce récit est l'histoire d'une recherche, celle de ses origines, que tout homme a éprouvé au moins une fois dans sa vie et qui est toute particulière dans le cas d'Adam car il est différent des autres. Le fait de ne pas avoir de nombril est une belle métaphore de tous les complexes que nous pouvons connaître dans notre vie: ceux qui nous obsèdent, ceux qui nous empêchent d'avancer ou d'être heureux.
Alors que sa mère vient de mourir, Adam a 30 ans, est professeur de français au lycée et mène une vie solitaire et monotone. Il sent qu'il est temps pour lui de faire la lumière sur son passé. Cette quête lui apprendra beaucoup de choses sur lui-même et sur la vie. Il rencontrera l'amour et saura passer outre son énorme complexe.
J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre parce que j'ai trouvé le thème très universel. Tout le monde se reconnaîtra dans Adam. Et surtout parce que le style d'Elisabeth Cadoche est un pur délice. Elle sait jouer avec les mots comme personne, mélange prose et poésie, joue avec les lettres, et distille humour, fantaisie et lyrisme dans ses pages. On y retrouve également toute la culture musicale française, Gérard Lenorman en tête, qui émaille le texte et rend les personnages encore plus attachants.

Une très jolie découverte que je vous conseille ardemment. C'est un texte assez court (un peu plus d'une centaine de pages) disponible exclusivement en version numérique aux Editions 31.

Extrait:
Nous passons notre vie à juger les gens sans les connaître vraiment, profondément. Et nous blessons impunément ceux que nous aimons, simplement par manque d'attention. Tom a une théorie farfelue mais très intéressante sur le sujet: la théorie des sept portes.
Pour parvenir jusqu'au coeur de quelqu'un, il faut parcourir un long chemin plutôt labyrinthique et ouvrir sept portes. Derrière la septième porte se trouve la flamme qui le garde vivant. L'injustice, c'est que même s'il est rare d'arriver jusqu'à cette flamme, s'il nous faut aimer de toutes nos forces, traverser les incertitudes des débuts, faire front à des indélicatesses meurtrières, en ouvrant cette septième porte, on peut éteindre la flamme. Sissi avait dû frissonner dans mes courants d'air. Enfant, j'avais franchi avec succès les six premières portes. Adolescent, j'avais soufflé avec désinvolture sur le coeur de ma mère.

Livre offert.

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