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21 oct. 2014

Prisonniers du paradis d'Arto Paasilinna

Quatrième de couverture: L'avion tanguait dans l'obscurité. Nous volions au-dessus de l'océan Pacifique, dans le secteur de la Mélanésie, après avoir franchi le trentième parallèle... Le steward m'expliqua que l'appareil avait été loué pour ce vol par les Nations unies. Les autres passagers étaient des infirmières et des sages-femmes suédoises, ainsi que des travailleurs forestiers finlandais au service de cette organisation pour une mission humanitaire en Inde et au Bangladesh. Il ajouta  voix basse que, dans la tempête, le commandant de bord n'avait sans doute plus qu'une idée très vague de la direction suivie...
Un avion qui fait un amerrissage forcé avec à son bord des sages-femmes et des bûcherons - à proximité quand même d'une île - cela n'existe que chez Paasilinna. Voici les naufragés qui s'organisent, chacun retrouvant vite ses habitudes: les Finlandais distillent de l'alcool et ouvre le "Café de la jungle". Les Suédoises mettent sur pied un centre de planning familial - n'oublions pas qu'il y a vingt-huit hommes et vingt-six femmes échouées sur la plage. Une plage de sable blanc bordée de cocotiers et où finalement, entre chasse, pêche et culture, la vie ne va pas être désagréable du tout. Au point que certains n'auront aucune envie de retrouver la "civilisation" quand un navire américain s'approche et que son commandant veut évacuer les joyeux naufragés. Des problèmes aigus vont alors se poser et il faudra tout l'humour de Paasilinna pour tenter de les résoudre.

Arrivée un peu par hasard sur la lecture de ce livre, j'avoue avoir été décontenancée et même parfois irritée.
Ecrit en 1974, ce roman raconte l'histoire d'un vol qui s'échoue sur une île déserte et la façon dont les naufragés vont s'organiser. Comme de par hasard, il n'y a que des médecins, sages-femmes et bûcherons, partis en mission humanitaire, ce qui est assez pratique lorsqu'on se retrouve coincé sur une île. Seul le narrateur est journaliste.
J'ai bien aimé suivre l'organisation du groupe, plutôt démocratique et qui penche souvent vers le communisme, et cette façon de critiquer la société de l'époque en mettant en scène une société en formation. Arto Paasilinna est connu pour son humour et la plupart des critiques que j'ai lu de lui sur Internet vont en ce sens. Il est vrai que certaines situations sont cocasses et que les comportements humains sont scrutés et ironisés. Néanmoins, j'ai trouvé certains passages beaucoup trop sexistes pour m'attacher au roman.
Par exemple, l'un des personnages féminins n'est jamais nommé. Au début du livre, un groupe se forme et les naufragés décident de nommer trois chefs: le narrateur, un médecin et "la sage-femme brune" qui portera cette appellation durant tout le livre. Dans la première partie du livre, toutes les femmes sont impersonnelles, elles font partie du groupe "sage-femme", "infirmière" ou "hôtesse" et quand l'une sera nommée, ce sera pour lancer la première discorde sur le camp. Dans la deuxième partie, quelques personnages féminins apparaîtront mais de manière assez sporadique. On ne connaîtra pas grand-chose de leur vie, contrairement aux médecins et aux bûcherons qui verront un chapitre entier consacré à leur vie passée et actuelle. Quelques passages m'ont vraiment énervée, comme celui-ci:
Lorsque je demandais à Ingrid si elle ne voulait pas venir avec nous, elle pinça le nez et déclara que, si je croyais être séduisant au point de l'inciter à risquer sa vie dans une expédition périlleuse, j'étais vraiment naïf.
Cette remarque me rendit si furieux que la nuit venue, sur la plage plongée dans l'obscurité, j'administrai à Ingrid une bonne correction.
C'est peut-être moi qui prend mal des propos qui sont humoristiques mais honnêtement, je n'ai pas eu l'impression que ce genre de comportement était critiqué par l'auteur, comme il le fait quand les naufragés choisissent leur langue commune (opposition sempiternelle entre finlandais/suédois). Le livre a été écrit en 1974, pas sûre que la cause féministe ait vraiment intéressé Arto Paasilinna. Du coup, j'ai souvent fulminé devant mon livre et je n'ai pas vraiment apprécié cette lecture.

2 commentaires:

potzina a dit…

Comme une envie de foutre un coup de boule à l'auteur ?! Je ne l'ai pas lu et je n'en ai pas du tout envie :)

Cleophis Deeptizz a dit…

Exactement! Mais comme je prône la non-violence... ;-)

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