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30 oct. 2014

Le réservoir affectif

Un début de semaine assez sportif, je prends enfin le temps de me poser pour vous parler de ces vacances de la Toussaint.
Vive l'automne!

Les enfants ont passé une première semaine chez leurs grands-parents parce que je partais dès le vendredi aux 3ème rencontres annuelles des Vendredis Intellos et que c'était plus facile pour nous. Aujourd'hui, je me rends compte que les enfants ont moins bien vécu la séparation que d'habitude et il a fallu beaucoup de patience pour remplir à nouveau leur réservoir affectif.

En effet, comme l'expliquait Catherine Dumonteil-Kremer lors de la conférence de samedi dernier (je vous en reparle vite, promis!), les enfants ont un réservoir affectif qu'il convient de remplir régulièrement si l'on veut éviter les crises à la maison. Quand on ne s'est pas vu de la journée, l'un à l'école, l'autre au travail, il est souvent nécessaire de prendre du temps le soir pour se retrouver, avant d'enchaîner sur le sacro-saint bain-dîner-dodo au risque de se confronter à des crises sans fin et épuisantes pour les deux parties. Je l'ai déjà dit plusieurs fois sur le blog, mes enfants et moi avons un rapport assez fusionnel et même si je fais tout pour qu'ils s'autonomisent, ils ont vraiment besoin d'un contact permanent avec leur maman pour se sentir bien dans leur peau. Ces vacances de la Toussaint ont permis de le mettre en lumière de façon flagrante.

Il a suffit d'un coup de fil jeudi dernier pour que Teemo bascule dans le côté obscur. Je ne suis pas du genre à appeler chaque jour pour avoir des nouvelles de mes enfants quand ils sont chez leurs grands-parents, j'aurais même tendance à ne pas vouloir les appeler du tout pour ne pas ressentir le manque (comme certains dans Koh-Lanta que je comprends absolument!), si je le fais, c'est pour ne pas avoir l'air d'une mère indigne qui ne se soucie pas de ses enfants. Une fois en milieu de semaine, cela me semble suffisant. J'ai donc appelé le jeudi pour avoir des nouvelles et Teemo m'a parlé quelques instants au téléphone (Poppy ayant refusé catégoriquement de m'adresser la parole). Teemo était super content de m'entendre et... trop content car il a immédiatement reposé le téléphone pour aller chercher ses chaussures: il pensait que je venais le chercher. La fin de semaine fut extrêmement difficile pour mon petit bout qui n'a pas compris pourquoi je n'étais toujours pas là et qui se levait toutes les nuits avec espoir. Difficile pour les grands-parents également... Lorsque Piwix est arrivé le dimanche, Teemo lui a sauté dessus pour lui faire un câlin et est parti lui montrer une photo de moi: "Maman! Maman!"
Du coup, j'ai passé les premiers jours de la semaine à m'occuper exclusivement de lui pour remplir à nouveau son réservoir affectif et il en avait vraiment besoin. Surtout qu'il vient de fêter ses 2 ans, mon "grand" petit garçon! J'ai vraiment apprécié ces quelques jours où je n'ai (presque) pas crié et où j'ai profité de chaque moment avec lui. La séparation est quelquefois bénéfique, si elle ne dure pas trop longtemps. Et surtout, surtout, plus de téléphone!


Pour Poppy, ce fut un peu la même chose et j'avoue que j'ai vraiment été surprise. C'est une petite fille qui a énormément besoin de câlins mais qui n'a pas trop de problème de séparation. Elle est toujours ravie d'aller chez ses grands-parents ou à l'école et ne pleure jamais au moment de la séparation. J'ai longuement hésité à la mettre au centre de loisirs pour les vacances de la Toussaint, car je suis à la maison après tout. Si je l'ai inscrite, c'est parce qu'elle avait vraiment aimé le centre de loisirs en juillet et en août et je me disais qu'elle aurait sûrement plus de plaisir à jouer avec ses amis au centre qu'enfermée à la maison en cas de semaine pluvieuse. Sauf que cela ne s'est pas passé aussi bien que prévu. Dès le lundi, Poppy s'est mise à faire une crise de panique dans le centre de loisirs: agrippée à moi, en larmes, hurlant qu'elle voulait rester avec moi. C'était vraiment difficile pour elle... et pour moi. J'ai mis cela sur le compte de sa semaine chez papy et mamie et je me suis dit que cela allait s'arranger avec le temps. Que nenni. Quatre jours de hurlements, ce matin, l'animateur a été obligé de venir la chercher parce qu'elle ne voulait pas me lâcher.
D'un seul coup, j'ai compris ce qu'éprouvaient les parents qui laissaient leurs enfants en larmes à l'école tous les matins. C'est vraiment compliqué. Tellement compliqué que j'ai décidé de ne pas l'y mettre demain et de lui consacrer une journée entière. Comme Teemo va à la halte-garderie le vendredi, nous allons passer une journée en tête-à-tête, mère et fille, et je suis sûre que cela lui fera le plus grand bien. Je me rends compte que son réservoir affectif n'a pas eu le temps de se remplir entre son séjour chez ses grands-parents et le centre de loisirs. Je ne pense pas l'y inscrire de nouveau pour les prochaines vacances scolaires, on restera tous les trois à la maison, même si c'est pour regarder des dessins animés en boucle et se gaver de bonbons. Après tout, c'est aussi un plaisir!

2 commentaires:

Alexandre a dit…

Et bien écoute j'ai réfléchi un moment avant de commenter mais au final, je ne sais pas quoi dire à part :

C'est beau :)

C'est beau de voir des parents en apprentissage désireux d'être les meilleurs pour leurs enfants, à leur écoute. Pour moi qui ne suit pas encore Père c'est un exemple : bravo !

Cleophis Deeptizz a dit…

Merci *rougis* Etre parents, finalement, c'est tout un apprentissage. Et j'irai jusqu'à dire qu'on apprend à connaître nos enfants, comme on apprendrait à connaître des gens que l'on vient de rencontrer. Chacun à son caractère, ses préférences, à nous de les découvrir.