Menu

24 sept. 2014

L'île des chasseurs d'oiseaux de Peter May

Quatrième de couverture: Marqué par la perte récente de son fils unique, l'inspecteur Fin Macleod, déjà chargé d'une enquête sur un assassinat commis à Edimburg, est envoyé sur Lewis, son île natale, où il n'est pas revenu depuis dix-huit ans. Un cadavre exécuté selon le même modus operandi vient d'y être découvert. Cependant, dès l'autopsie effectuée par le médecin légiste, Fin ne croit plus à un lien entre les deux affaires.
Sur cette île tempêtueuse du nord de l'Ecosse, couverte de landes, où l'on se chauffe à la tourbe, Fin retrouve les acteurs de son enfance, à commencer par Ange, chef tyrannique de la bande dont il faisait partie. Marsaili, son premier amour, vit aujourd'hui avec Artair. Ce même Artair dont le père a perdu la vie en sauvant celle de Fin lors de l'expédition qui, chaque année, depuis des siècles, conduit une douzaine d'hommes sur An Sgeir, rocher inhospitalier à plusieurs heures de navigation, pour y tuer des oiseaux nicheurs.
Que s'est-il passé il y a dix-huit ans entre ces hommes, quel est le secret qui pèse sur eux et ressurgit aujourd'hui?
Sur fond de traditions ancestrales d'une cruauté absolue, Peter May nous plonge au coeur de l'histoire personnelle de son enquêteur Fin Macleod. Fausses pistes, dialogues à double sens, scènes glaçantes: l'auteur tient le lecteur en haleine jusqu'à la dernière page.

L'île des chasseurs d'oiseaux commence comme un roman policier traditionnel: la découverte d'un corps, l'appel à la Police, l'inspecteur obligé de se déplacer pour enquêter, rien de nouveau. Sauf que l'on s'aperçoit vite que le roman est bien plus profond que cela. Il s'agit davantage d'une introspection et d'une interrogation sur le passé et sur les marques qu'il appose sur chacun de nous.

En effet, l'inspecteur, Fin Macleod, revient sur les traces de son enfance, sur l'île de Lewis en Ecosse. Un environnement dur et sauvage, où tout le monde se connaît depuis des années et que Fin a quitté pour rentrer à la fac. La victime n'est autre que la brute de l'école qui terrorisait tous les enfants des environs et Fin croisera durant son enquête tous ceux qui ont marqué son enfance et remontera le fil de ses souvenirs.

L'enquête passe alors très souvent au second plan. Deux narrateurs co-existent dans le roman: un narrateur omniscient qui relate les événements sur l'île et l'avancée de l'enquête et Fin lui-même, qui raconte ses souvenirs à la première personne du singulier. De ses premiers jours à l'école à son départ pour l'université, nous suivrons les pas de Fin Macleod et découvrirons ses secrets les plus intimes, notamment les événements tragiques lors de la chasse aux oiseaux annuelle.

Un roman délicieux que j'ai savouré du début à la fin. Il marque le début d'une série, appelée la "trilogie écossaise", avec L'homme de Lewis et Le braconnier du lac perdu.

On devinait entre eux l'existence d'un lien invisible. Il s'agissait d'un club très fermé, dont les membres, depuis plus de cinq cent ans, n'étaient qu'une petite poignée d'hommes. Il suffisait d'être allé une fois sur l'An Sgeir pour être admis, avoir prouvé son courage et sa force, sa capacité à endurer les éléments.

"Non. Ce n'est pas la tradition. Ca peut être une des raisons, en effet. Mais, mon garçon, je vais te dire pourquoi moi je le fais. Parce que personne d'autre ne le fait, nulle part dans le monde. Nous sommes les seuls."
Ce qui, je suppose, "nous" rendait, d'une certaine manière, spéciaux. Uniques. Je regardai le tas d'oiseaux morts sur le rocher et me demandai s'il n'y avait pas une meilleure manière d'être spécial.

La lecture de ce livre participe au Book Club de Livraddict.

Aucun commentaire: