Menu

19 nov. 2013

Rome en un jour de Maria Pourchet #MRL2013

4ème de couverture: "Paul était devant le poste, à mille lieues d'envisager qu'on pût lui réserver un anniversaire surprise fin juin, à lui, natif de février..."
Sur le toit-terrasse d'un hôtel parisien, en attendant qu'on leur serve quelque chose à boire et que Paul apparaisse au bras de Marguerite, les invités prennent possession des lieux. Peu à peu, la soirée dérive loin du projet initial.
A l'autre bout de la ville, Marguerite tente en vain de convaincre Paul de sortir sans dévoiler la surprise. C'est le début d'une guerre dont les proportions vont bientôt leur échapper à tous deux.
Maria Pourchet explore le fonctionnement d'un couple contemporain, les origines de son désastre mais aussi l'étendue des solitudes, chacun tentant d'échapper à l'autre, à la vérité, à lui-même. On rit à chaque page... non sans un certain effroi.

J'ai eu le plaisir de découvrir le deuxième roman de Maria Pourchet grâce à Price Minister-Rakuten et les Matchs de la Rentrée Littéraire 2013. J'étais très intriguée par l'histoire de ce couple qui se déchire sur fond d'anniversaire surprise.
En ouvrant le roman, j'ai d'abord pensé à un scénario de film. En effet, chaque chapitre est introduit par la nomination du lieu où il se déroule: "Toit d'un hôtel, extérieur fin du jour", "Appartement Paul et Marguerite, intérieur fin du jour". On sait en un coup d'oeil quel sera le ton du chapitre, son orientation, quels personnages nous allons y retrouver.
Mais au fur et à mesure de la lecture, je l'ai plutôt vécu comme une pièce de théâtre dont le lecteur est spectateur, tout comme le narrateur. Celui-ci n'est pas omniscient, ni objectif, il se permet quelquefois d'émettre un jugement et avoue à certains moments son ignorance. La plupart des tournures de phrases sont impersonnelles et les dialogues sont reportés au discours indirect, comme si le narrateur racontait à un ami ce qui se passe sur scène.
On fut consterné. Avait-on déjà rencontré pareil cuistre? Tout cela ne sentait pas son école hôtelière, loin de là. On supposa qu'il s'agissait d'un extra, échappé de l'encadrement du Club Med, moniteur de ski en hiver, serveur de mes deux en été, en attendant les vendanges à la rentrée, comment s'appelait-il déjà, qu'on le signale? S'ensuivit une discussion relative au recrutement du personnel de service dans la restauration, le problème étant le turnover, le manque de qualification, le manque de motivation, le manque d'entrain de ces gens. Michel n'était pas tout à fait d'accord, il faut se les cogner les clients et vous en connaissez beaucoup des types polis pour le Smic, mettez-vous cinq minutes dans la peau de cet employé. Stan fit valoir que, bizarrement, il se mettait plus volontiers dans celle du type qui se saignait en charges patronales pour un empaffé qui ne servait qu'à plaisanter avec les femmes de chambre. Ne me lance pas sur la politique, prévint Michel, et il n'insista plus parce que Stan était connu pour ne pas aimer ça.
Le ton est du coup assez caustique et satirique où l'être humain est passé au crible. On rit beaucoup, souvent au détriment des personnages, jusqu'à s'attacher à eux et partager leur solitude alors que l'occasion était plutôt celle d'un rassemblement. Si je devais lui attribuer une note, je lui mettrai 16/20 parce que j'ai vraiment passé un bon moment.

Livre reçu dans le cadre des Matchs de la rentrée littéraire 2013.

Aucun commentaire: